Accueil > Séries TV > Braquo, enfin un polar français regardable

Braquo, enfin un polar français regardable

braquo

  • Genre : Policier
  • Diffusé sur Canal+, au format 52 mn
  • Première diffusion : 12 octobre 2009.
Synopsis

Suite à la condamnation injuste et au suicide de leur chef de groupe, trois flics de la PJ ont la tentation de franchir la ligne rouge. Faisant ainsi front à la machine administrative qui, par son inertie et son indifférence, a conduit leur ami jusqu’à la mort. Harcelés par l’IGS, ils tournent définitivement le dos aux règles établies et à leurs illusions ; ces trois flics adoptent un mode de vie hors norme régi par l’adrénaline, la prise de risque, les coups bas, l’argent, le sang et la mort… Chaque pas supplémentaire fait sur le territoire des voyous rend plus difficile le retour en arrière. (@Allocine)

Evaluation

4,5 Etoiles sur 5 Braquo, c’est The Shield à la sauce Marchal. Avec un excellent Anglade et une réalisation torturée à souhait, cette série noire  montre une nouvelle fois que Canal+ est la seule chaîne française à produire des séries pour sériephiles.

Avis détaillé

Lorsqu’on évoque « série policière française », le sériphile esquisse un sourire en coin et s’en va loin. En effet, ce sont Julie Lescaut, Navarro, PJ, Eloïse Rome une Femme d’Honneur qui nous viennent à l’esprit. Le problème n’est pas dans ces séries-là. Elles ont su trouver un public à un moment. Le problème est que depuis, on a rien fait de mieux sur le créneau à part de pales copies de succès américains (R.I.S). Du coup, on a cédé à la facilité d’acheter et diffuser les séries US du genre Les Experts, NCIS, FBI Portés Disparus, Cold Case. Tout ça parce que les décideurs et responsables des séries sur les chaînes de France Télévision, TF1 et M6 sont les mêmes depuis des décennies et ne veulent pas laisser place à la créativité de cerveaux en ébullition qui ne demandent qu’à s’exprimer. C’est le sacrifice de la créativité sur l’autel des profits. Heureusement, dans cet immobilisme navrant, il y a Canal+ qui vient de sortir Braquo, le polar français dont les français peuvent être presque fiers.

J’écris cet article après avoir regardé les 6 premiers épisodes de la série sur les 8 que compte la première saison. Braquo, c’est la série policière du moment diffusée sur Canal+ que les fans du genre de peuvent pas rater. Je sais, c’est sur Canal, mais démerdez-vous. Allez chez un pote qui l’a. Pour une fois qu’une série française vaut le coup, c’est dommage de s’en priver.

Aux commandes de Braquo, Olivier Marchal. Le gaillard n’est plus à présenter. Si ? C’est l’ancien flic recyclé en réalisateur scénariste de polar et responsable des succès que sont les films 36 Quais des Orfèvres, MR 73, Flics et Gangsters. Le moins qu’on puisse dire c’est que le mec a son univers. L’univers Marchal, c’est les flics. Pas les policiers à l’uniforme propre qui tapent à la machine ou font la circulation. Non. C’est des flics avec des gueules. Des gueules amochées par la rudesse de leur boulot et les débauches qui en découlent. C’est des flics écorchés par la vie, divorcés car incapables d’allier une vie de famille à leur boulot. Un « flic Marchal », ne l’est pas à moitié. Son taff le bouffe jusqu’à la moelle. On est flic comme on est homme. C’est cet univers sale, sombre et noire que l’on retrouve dans Braquo au travers de l’écriture et la réalisation des premiers épisodes par Olivier Marchal. Ensuite, c’est au tour de Frédéric Schoendoerffer de passer derrière la caméra pour les derniers épisodes. Celui-là est connu pour ses réalisations engagées, franches et violentes par moments comme dans son dernier film Truands. On reste dans le même genre et la transition à l’écran passe très bien. Que du bon, niveau réal’ et écriture donc.

Après vient ce qui généralement est difficile à trouver dans les séries françaises mais pas dans Braquo, de bons acteurs. Jean-Hugues Anglade (Eddy Caplan), Nicolas Duvauchelle (Theo Vachewski), Joseph Malerba (Walter Morlighem) et Karole Rocher (Roxane Delgado) donnent vie et se fondent dans l’histoire oppressante de Marchal. Un énorme coup de cœur pour Anglade qu’on retrouve transformé et bourré de charisme dans le rôle principal. Un régal. Duvauchelle, même si parfois too much dans son jeu d’acteur à mon goût, lui tient la dragée haute. Un petit bémol par moment pour l’actrice incarnant Roxane qui vient parfois à manquer de justesse. Mais l’ensemble reste bien au-dessus de tout ce qui nous a été donné de voir depuis des années dans les séries policières françaises.

Enfin, encore un bon point pour l’habillage de la série. L’ambiance sonore reste à propos et suggestive. On n’a pas de gros rythme moderne dans les actions à la 24 Heures Chrono ce qui soutient le côté oppressant constant de la série. Le générique est de très bonne facture et renvoie même au placard bon nombre de génériques US. Cet attachement au détail est rare de par chez nous et fait très plaisir à voir.

Mais alors tout est bon ? Presque. On a le droit à quelques incohérences de scénario ça et là mais qui ne gêneront que les plus pointilleux. Bien sûr, si on n’est pas réceptif à l’univers caricaturalement noir de Marchal, on aura quelques soucis à rentrer dans la série.

En résumé, qui aime les polars noirs, aime les séries policières comme The Shield ou aime ce que fait Olivier Marchal aimera Braquo. Malgré quelques incohérences scénaristiques et des points un peu trop forcis pour appuyer le côté sombre de la série, on se laisse happer par l’histoire oppressante et le tourbillon de problèmes sans fin qui emmènent et broient Anglade et sa bande. Une seconde saison est déjà signée et en cours de production. Braquo, c’est enfin une série policière française regardable et ça, ça fait du bien. Il ne resterait plus qu’à TF1 de la racheter pour la rendre visionable par tout le monde. Et le fansubbing ?  Si, pour une fois, on sous-titrait Braquo en anglais pour nos voisins d’outre-atlantique ? Que ça soit pas toujours dans le même sens.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Laissez vos impressions en commentaire de cet article.

Related Posts with Thumbnails
Categories: Séries TV Tags: , ,
  1. Chris
    04/11/2009 à 11:33 | #1

    Une très belle réussite, cette série.
    En même temps, j’étais presque convaincu à l’avance, en inconditionnel que je suis du travail de Marchal.
    Y aurait peut-être un autre petit bémol à ajouter sur le côté « placement de produit de grosses berlines et 4×4″, mais bon…
    Il y a si peu de séries françaises de cette qualité qu’il ne faut pas bouder son plaisir.

  2. agon
    04/11/2009 à 16:31 | #2

    Salut, si il y a du fansubing en cours je veux bien participer.

  3. The Lovers
    07/11/2009 à 12:12 | #3

    Très bon résumé Alco.

    Tout pareille. J’étais déjà à moitié convaincu d’avance appréciant les précédents travaux de Marchal / Schoendoerffer, mais là j’ai pris un réel plaisir à suivre ce show, voir même un certain empressement à voir les épisodes. Et malgré un certain relâchement de la pression et de la tension dans les épisodes 6 & 7, le 8e nous donne droit à un très beau final.

    Et maintenant c’est malin, on va attendre impatiemment cette saison 2, nous…

  4. 07/11/2009 à 15:57 | #4

    « Lorsqu’on évoque « série policière française », le sériphile esquisse un sourire en coin et s’en va loin »
    « Le problème est que depuis, on a rien fait de mieux sur le créneau à part de pales copies de succès américains (R.I.S) »
    « Heureusement, dans cet immobilisme navrant, il y a Canal+ qui vient de sortir Braquo, le polar français dont les français peuvent être presque fiers »
    « Après vient ce qui généralement est difficile à trouver dans les séries françaises mais pas dans Braquo, de bons acteurs »
    « Braquo, c’est enfin une série policière française regardable et ça, ça fait du bien. Il ne resterait plus qu’à TF1 de la racheter pour la rendre visionable par tout le monde »

    Chaud le nombre d’imprécisions que tu peux écrire. Et là encore, je t’épargne ton diagnostic sur Braquo.
    Que le sériephile soit effrayé quand on lui évoque les séries françaises, pourquoi pas. Encore faut-il s’adresser à un sériephile qui connait un minimum les séries françaises et là, t’en as pas 5 à tous les coins de rue. Le sériephile que tu évoques, c’est celui qui croit que les séries de TF1 sont représentatives de l’ensemble des séries françaises. Mauvaise pioche.
    Mais après avoir balancé cette provoc’ sur l’ensemble des séries françaises, tu restreint ton jugement aux séries policières pour parler de R.I.S. Encore faut-il préciser que, même les séries US policières, c’est quand même de la belle daube. The Shield ou Braquo n’appartiennent pas du tout à ce genre. Les chaînes du câble l’ont considérablement métamorphosé et on est loin du CSI…
    Faut-il pour autant être fier de Braquo ? C’est l’univers de Marchal porté à la télévision. Pas moins, pas plus. Aucune innovation, tout ce à quoi on pouvait s’attendre avec O. Marchal. J’ai trouvé ça solide, parfois excitant, mais si elle n’avait pas vu le jour, ça ne m’aurait pas dérangé. A côté de ça, ça fait mal quand, il y a quelque mois, Canal+ diffusait la saison 2 de la meilleure série dramatique française, Reporters, que ce soit dans l’écriture, dans l’originalité du sujet et dans le traitement (sans compter ses prédictions, voir le « Karachigate » comme on l’appelle) dans un anonymat navrant… Oui, c’est sûr, y avait pas la locomotive marketing que représente Olivier Marchal et sur laquelle s’est bien appuyée Canal+ à coup d’affichage et de pub TV (même sur TF1, c’est dire…). Pour Reporters, il n’y a eu AUCUNE promotion à part un malheureux site web et quelque teasers diffusés sur la chaîne. Rien à voir avec Braquo. Mais la machine marketing de Canal, elle s’est également complètement plantée avec l’Inside Jamel Comedy Club, un des trucs les plus drôles de l’année.
    Bref, les séries françaises, c’est loin d’être RIS. Dans les deux séries que j’ai évoqué, le problème d’acteur ne se pose pas. Pareil, d’ailleurs, dans Fais pas ci, fais pas ça (saison 1 > saison 2) ou bientôt prochainement sur Arte dans Les Invincibles, ou dans Doom doom, autre programme de Canal, ou dans Un Village français, sur FR3, ou Kaamelott sur M6, ou Hero Corp sur comédie/fr4 sans compter un certain nombre de programmes courts réussis… Par exemple Vous les femmes, lui aussi bien ignoré car diffusé sur Téva.
    Concernant ta dernière remarque, elle est ridicule. Si HBO produit une série, c’est pas pour la revendre en seconde diffusion sur Fox… (c’est peut-être déjà arrivé mais c’est très rare) C’est la même chose pour Canal. Les américains veulent regarder des bonnes séries, ils s’abonnent aux chaînes payantes dont les programmes les intéressent. HBO, c’est entre 30 et 40 millions d’abonnés. Canal+, simplement la chaîne, c’est un peu plus de 5 millions. Une rapide opération montre que plus de 11% de la population US est abonnée rien qu’à HBO (sans compter les, je crois, 20 millions de showtime…). En France, on est même pas 8% à s’abonner à Canal. C’est tout. Les gens s’en foutent de la good TV en France. Et ton blog en est un exemple malheureux même si t’avais l’impression de faire l’inverse.

  5. 07/11/2009 à 15:59 | #5

    ps : quand une série passe du câble au hertzien, c’est dans des circonstances exceptionnelles. Exemple : Dexter sur CBS à cause de la grève des scénaristes. Mais ce genre de transaction se fait en intragroupe puisque CBS et Sho appartiennent à la même maison.

  1. 03/11/2009 à 11:50 | #1